top of page

Le CIUSSS de l'Estrie tiendra-t-il parole ?

Par : André Lapierre


La question est sur toutes les lèvres à Lac-Mégantic et dans la MRC : le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l'Estrie respectera-t-il son engagement ? L'annonce récente du retour du département d'obstétrique a été accueillie avec un mélange d'espoir et de scepticisme, après des années de centralisation et de luttes locales.


Une mobilisation citoyenne exemplaire


Vendredi dernier, le 15 mai, une centaine de citoyens se sont rassemblés devant l'hôpital de Lac-Mégantic, dans le stationnement du Maxi. Cette mobilisation, saluée par tous, a réuni des travailleurs de la santé, des groupes sociaux, des élus municipaux et régionaux, ainsi que de nombreux citoyens de la MRC. L'ambiance était à la fois festive et déterminée, avec musiciens, hot-dogs et t-shirts distribués gratuitement, témoignant de la solidarité et de la force de la communauté.



L'objectif principal de ce rassemblement était clair : dénoncer la fermeture du département d'obstétrique et exiger son rétablissement. Il est crucial de rappeler que cette fermeture contraint les futures mamans à parcourir plus d'une heure et quinze minutes pour se rendre au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS) afin d'y accoucher, une situation inacceptable et risquée pour la sécurité des mères et des nouveau-nés.


Un retour inattendu, mais bienvenu


Ironie du sort, la veille de cette mobilisation, le jeudi 14 mai, le CIUSSS de l'Estrie annonçait par voie de communiqué le retour du service d'obstétrique à Lac-Mégantic, prévu pour le dimanche 4 octobre prochain. Cette annonce, bien que tardive, est une victoire pour la communauté et un signe que la pression citoyenne peut porter ses fruits.


Les méfaits de la centralisation des services de santé


Depuis la centralisation des services de santé initiée par l'ancien ministre Gaétan Barrette

sous un gouvernement libéral, le système est devenu lourd et déshumanisé. Tout semble transiter par Sherbrooke : les ressources humaines, les commandes de matériel médical, jusqu'aux plus petits articles comme les gobelets avec l'inscription d'une marque de café pour les tests d'urine. Je souligne avec humour la complexité de ces procédures : « Je vous assure qu'il ne faut pas avoir de tremblement » pour transférer l'urine dans de petites éprouvettes.


Cette centralisation a engendré une prolifération de gestionnaires, dont la compétence et la connaissance des besoins spécifiques des établissements locaux, autres que le CHUS, sont souvent remises en question. C'est l'héritage laissé par le ministre Barrette, qui, aujourd'hui, continue de commenter les services de santé sur des plateformes comme LCN, transformée en « usine à recyclage pour personnels politique ».


Le système de santé, déjà complexe, s'est vu ajouter une nouvelle couche administrative avec la création de Santé Québec il y a environ 18 mois. L'utilité de cette nouvelle entité reste encore floue pour beaucoup, soulevant des interrogations quant à son efficacité et à sa capacité à améliorer réellement les services.


La primauté de la communauté et du personnel local


Le Dr Vincent Oliva, président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), a été critiqué pour avoir semblé privilégier la santé financière de ses membres au détriment de celle des patients. Cette perception met en lumière un décalage entre les préoccupations des instances dirigeantes et les réalités vécues par les citoyens et le personnel soignant sur le terrain.


Un hôpital comme celui de Lac-Mégantic se distingue par sa connaissance approfondie de son personnel, de ses besoins spécifiques et de sa capacité à gérer efficacement ses ressources humaines et matérielles. Le personnel soignant – médecins, infirmières, personnel administratif et autres – ne se contente pas de soigner des patients ; il prend soin de membres de leur famille, de leurs voisins et de leurs amis. Cette proximité crée un lien social et une qualité de soins irremplaçables, que la centralisation ne peut offrir.


En conclusion, la mobilisation citoyenne de vendredi dernier a été essentielle pour rappeler au CIUSSS de l'Estrie l'importance de tenir sa promesse de rouvrir le département d'obstétrique le 4 octobre prochain. C'est un acte fort qui souligne la détermination d'une communauté à défendre ses services de santé de proximité et à exiger des soins de qualité, adaptés à ses réalités. La balle est désormais dans le camp du CIUSSS, qui doit prouver sa capacité à écouter et à répondre aux besoins de la population.


Votre opinions au bas


Commentaires


bottom of page