L'OTC devra mettre de l'EAU dans son vin
- André Lapierre

- 1 déc. 2025
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Ce communiqué de la Coalition des victimes collatérales m'a été transmis aujourd'hui, dans le cadre des auditions prévues ce mardi 2 décembre 2025. Ce groupe présentera des études menées par des entreprises spécialisées sur les risques de dégradation, voire même de déshydratation de la nappe phréatique. Le CVC interrogera sur la raison pour laquelle certains documents ne figurent pas dans le rapport qui leur a été transmis par Transports Canada.
Par André Lapierre
Communiqué de presse:
Voie de contournement ferroviaire : une lutte perpétuelle contre la hydrogéologie et la nature
La CVC exprimera ses inquiétudes lors des audiences publiques de l’Office des Transports du Canada, le 2 décembre 2025 (18h00). Les études hydrologiques additionnelles d’Englobe (2024) mentionnent l’évacuation jusqu’à 9 millions de litres par jour pour l’ensemble du tracé lors de la construction de la voie de contournement (ce qui représente l’usage quotidien en eau potable de 45 000 habitants). Une fois la voie ferrée construite, les études hydrologiques indiquent la nécessité de continuellement pomper 1,5 à 3 millions de litres d’eau par jour, en permanence, afin d’empêcher l’eau de surface (nappe libre), et l’eau souterraine, d’affecter la stabilité des rails et d’éviter des déraillements. Les experts de TC concluent que tout blocage au drainage occasionnerait de sérieux problèmes de sécurité ferroviaire.
La CVC entend questionner l’OTC sur la raisonnabilité d’approuver une ligne principale de chemin de fer qui dépend d’un rabattement industriel permanent de la nappe phréatique dans une zone d’eau potable protégée.
D’ailleurs, la CVC s’explique mal comment l’Arrêté ministériel 2006-040 du Ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec (daté du 17 octobre 2006), connu par toutes les parties prenantes du dossier de voie de contournement, et de l’OTC, n'apparaît pas dans la demande d’autorisation (à l’exception d’une note de bas de page - l’annexe 3.1-volume 1, p.110)
L’arrêté ministériel a été mis en place car, selon le document, la zone « est nécessaire à l’alimentation de la prise d’eau potable de la Ville de Lac-Mégantic ». De plus, l’arrêté précise que la « protection d’une aire de captage d’eau potable d’une municipalité est d’intérêt public ». Autrement dit, L’État québécois a pris la décision, à la suite de la demande de la Ville de Lac-Mégantic, de protéger ce large périmètre pour préserver le bien-être et la sécurité des communautés.
Pour le Projet proposé de la voie de contournement, il nous apparaît que la décision d’entreprendre des activités invasives tel le dynamitage, le dénoyage et l’excavation profonde, dans la zone de captage d’eau potable protégée, équivaut à agir de façon délibérée contre le bien-être des citoyens. Aucune mesure de surveillance de l’eau potable peut adéquatement protéger les centaines de citoyens affectés.
«Dans le contexte des changements climatiques et des difficultés d’accès à l’eau potable de plusieurs municipalités du Québec, c’est simplement indécent de gaspiller toute cette eau potable. Tout mon quartier résidentiel à Frontenac (le Développement Roy) va probablement voir tous ses puits s’assécher à cause de l’abaissement volontaire et en permanence de la nappe phréatique, et on me dit de ne pas m’inquiéter car ils ont un plan de surveillance. Mais le plan de surveillance n’est pas accepté par la municipalité de Frontenac et il n’existe aucune garantie écrite » Maude Lambert, résidente de Frontenac dont le secteur résidentiel Développement Roy se trouve dans les rayons d’influence (plus de 1km) des impacts de la VC
Finalement, il serait opportun de vérifier si dans certains secteurs du tracé on sera même en mesure de construire la voie de contournement compte tenu des données géotechniques inquiétantes et de la présence d’eau souterraine. La CVC entend recommander à l’OTC d’obtenir un avis formel d’experts en excavation (indépendants) afin de valider si les travaux, dans et sous la nappe phréatique, sont réalisables et si la sécurité des travailleurs peut être assurée compte tenu des débits, pressions et volumes d’eau anticipés lors du dénoyage.
La CVC reconnaît que les risques et les difficultés liés à la construction de la voie de contournement relèvent de CPKC, et non de l’OTC, mais si la voie de contournement ne peut pas être réalisée dans certains secteurs à causes des réalités du terrain, l’emplacement de la ligne devient, par défaut, non convenable. Il serait donc souhaitable et logique de répondre à cette question avant d’approuver le Projet et de détruire l’environnement pour rien.
« On va gaspiller, à perpétuité, de grandes quantités d’eau potable ! Tout cela pour une voie ferrée de 12.5km que la majorité de la population locale ne veut pas. Moi, j’ai 87 ans, je ne vais pas voir toutes les conséquences négatives de ce Projet néfaste mais peut-on prendre 2 minutes pour penser aux jeunes et aux futures générations ?» Yolande Boulanger, co-Présidente de la Coalition des Victimes Collatérales











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