Le maire de Marston répond au commentaire de Daniel Poulin
- André Lapierre

- il y a 2 jours
- 4 min de lecture
Bonsoir M Poulin,

Je vous écris ce soir car je viens de prendre connaissance de votre dernier "reel" qui nous met en vedette. D'abord, je suis un habitué de vos chroniques que je trouve informatives, et divertissantes. J'apprécie particulièrement votre franc-parler. Mais si je prends la peine de vous écrire, ce soir, c'est que j'ai le sincère sentiment que vous auriez pu/dû nous contacter pour prendre plus d'information avant de faire votre intervention. En effet, je crois que l'invitation que vous avez formulé à mes citoyens repose sur des faits partiels et erronés. Voici donc des éléments de réponse qui vous permettront, je l'espère, de mieux comprendre le dossier du chemin Ernest-Martin.
Dans les faits, il est vrai que nous avons actuellement des taxes de secteur pour des travaux permanents (asphaltage) qui ont eu lieu il y a quelques années sur le chemin St-Joseph, le Rang 5, ainsi que la rue Cliche. Dans ces 3 cas, les citoyens qui ont des propriétés devant lesquelles des travaux d'asphaltage ont été réalisés, et seulement eux, payent une taxe de secteur (selon différentes modalités; valeur foncière + pieds linéaires). On parle ici, comme vous le dites dans votre tribune, de travaux permanents, soit la première fois qu'un chemin est construit/asphalté. L'année dernière, la Municipalité a pris possession du chemin de la Plage qui, jusque-là, était un chemin privé. Les citoyens possédant une propriété sur ce chemin ont payé la construction du chemin et son entretien pendant des années, et l'ont cédé à la Municipalité l'année dernière. Avant d'en prendre possession, la Municipalité a reçu de la part du regroupement de citoyens de cette rue une analyse de conformité comme quoi le chemin était de qualité municipale et en respectait toutes les exigences (qualité et quantité des granulaires, largeur du chemin, etc ) ainsi qu'un certificat de localisation. La Municipalité n'a rien payé, pas même les frais de notaire. C'est normal, on parle de travaux permanents, qui auraient autrement fait de toute façon l'objet d'une taxe de secteur si le chemin avait été construit par la Municipalité.
Le chemin Ernest-Martin, lors de son pavage (la première fois) a aussi fait l'objet d'une taxe de secteur, selon laquelle seuls les propriétaires de ce chemin ont été taxés. Voilà la façon usuelle de faire les choses.
Maintenant, nous avons cette année procédé au resurfaçage d'une partie du chemin Ernest-

Martin. Dans le cas d'un resurfaçage, on ne parle plus de travaux permanents mais bien d'entretien. De la même façon, chaque année la Municipalité applique du bouche-fissures ou des "patchs" d'asphalte un peu partout sur le territoire. Les chemins en granulaires (gravier) requièrent aussi de l'entretien et nous procédons à du "rechargement" sur une base annuelle. Ces travaux, qui coûtent plusieurs milliers de dollars sont inclus dans le taux général de taxation, et donc payés par l'ensemble des citoyens. On appelle ça de l'entretien, et ça fait partie du "budget de la voirie". Personne ne s'étonne que le bouche-fissure appliqué dans le rang 5 ou sur St-Joseph soit réparti sur l'ensemble de la population, au lieu d'être payé seulement par le citoyen devant chez qui nous l'avons appliqué. De la même façon, un citoyen ne se voit pas facturer la correction d'un nid-de-poule qui a eu le malheur de s'installer devant chez lui. J'exagère, vous direz, mais ça illustre tout de même le concept. Dans les dernières années, nous avons changé des ponceaux dans le développement Dubé, dans le Rang 5, et à bien d'autres endroits. Des travaux qui ont aussi été répartis sur l'ensemble des citoyens, selon la valeur foncière de leur propriété. La même logique a été appliquée aux travaux effectués sur le chemin Ernest-Martin, à la différence que par soucis de transparence, nous avons indiqué sur les comptes de taxes le coût du règlement d'emprunt pour ces travaux plutôt que de l'inclure dans le taux général de taxation (donc les citoyens savent exactement combien ils paient pour ces travaux). En réalité, nous avons même inscrit sur le compte 2 lignes spécifiques au chemin Ernest-Martin car 75% de l'emprunt est visé par une taxe basée sur la valeur foncière, alors que 25% est un tarif fixe pour l'ensemble des propriétés (je pourrai expliquer à mes citoyens pourquoi nous avons fait ce choix). Pour moi, c'est important de procéder ainsi (je parle d'être transparent) pour que les gens sachent où va leur argent. Vous pouvez vous informer, nous n'avons rien inventé avec le chemin Ernest-Martin. Contactez les villes et municipalités en dehors du Granit et vous verrez que c'est comme ça que se font les choses (mais ces coûts sont généralement "cachés" dans le taux général de taxation.
Voilà donc les éléments de réponse que je donnerai à mes citoyens lundi prochain. Ces mêmes explications devaient d'ailleurs constituer mon mot du maire dans notre prochaine édition de notre journal.
Maintenant, le citoyen qui vous a contacté a peut-être vu son compte de taxes passer de 4000$ à 5,500$, mais ce n'est pas à cause du chemin Ernest-Martin (du moins, pas seulement, et pas principalement). Comme vous l'avez mentionné, nous avons eu cette année une nouvelle évaluation foncière des propriétés sur notre territoire. Il se trouve qu'il y a des disparités importantes dans la variation des valeurs foncières en fonction de la localisation, ou de leurs caractéristiques. À titre d'exemple, les unités agricoles et forestières ont vu leur valeur foncière moyenne augmenter de 51.3%, alors que la valeur du résidentiel rural a augmenté de 37.4%. Pendant ce temps, les riverains du lac Mégantic ont eux vu leur valeur foncière augmenter en moyenne de 32.2% alors que la valeur de ceux du Lac McKenzie ont augmenté de 87.4%. Comme vous voyez, pour un même taux de taxation général, l'impact sur les comptes de taxes est extrêmement variable.
Si on exclu les règlements d'emprunt, la municipalité de Marston a présenté un budget avec une augmentation des dépenses de fonctionnement de 1.7%, ce qui je pense est tout à fait acceptable.
Comme vous l'aurez constaté à la lecture de ce message (trop long), je serai prêt à répondre à mes citoyens lundi prochain. N'en reste pas moins que je vous invite, la prochaine fois, à nous contacter. Il me fera grand plaisir de répondre à vos questions et à vous expliquer les décisions de mon Conseil municipal.
Source: Louis Gendron Maire de Marston












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