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Le sort d'une famille est entre vos mains madame la ministre



Des décisions simplement administratives entraînent des conséquences

profondément humaines et dévastatrices. Une femme et sa fille sont menacées

d'être expulsées du Canada pour avoir fui la violence conjugale.


Aujourd'hui, Madame la ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la

Lena Metlege Diab
Lena Metlege Diab

Citoyenneté du Canada, nous vous écrivons parce qu'elles sont à deux doigts

d'être renvoyées vers un avenir où leur sécurité, leur dignité et leur bien-être sont

sérieusement compromis.


Cette femme est arrivée au Québec en 2024 avec l'espoir de bâtir un avenir

meilleur. Un avenir pour sa fille, en sécurité. Mais rapidement, la violence

conjugale a pris le contrôle.


Elle a alors fait ce que nous recommandons à toutes les victimes de violence

conjugale : elle est partie. Elle a quitté son conjoint violent pour protéger sa vie et

celle de son enfant.


Et c'est précisément ce geste de courage qui la pénalise désormais.

Comme tant d'autres personnes immigrantes, elle s'était pourtant rapidement

intégrée à sa communauté. Elle a demandé un divorce, trouvé un emploi, entrepris

l'apprentissage du français et commencé à construire un avenir pour sa famille.

Mais en choisissant de quitter un conjoint violent, elle a également perdu son statut

migratoire. Aujourd'hui, plus de deux ans et demi après son arrivée au Québec,

elle ne peut plus travailler, non pas parce qu'elle refuse de contribuer à la société,

mais parce que les circonstances administratives qui découlent de la violence

qu'elle a subie l'en empêchent.


Elle est devenue prisonnière d'un système qui, paradoxalement, pénalise

une femme pour avoir choisi de fuir la violence.


Pendant ce temps, sa fille grandit ici, au Québec. Elle y a été élevée. Elle parle

français, fréquente notre milieu, partage nos repères et notre culture. Le Québec

est son foyer.


Pourtant, toutes deux risquent maintenant d'être expulsées vers un pays où une

femme divorcée fait face à une stigmatisation extrême, où les possibilités de

reconstruire sa vie sont pratiquement inexistantes et où nous avons de sérieuses

raisons de croire que le bien-être et la sécurité de l’enfant seraient gravement

compromis.


Comment pouvons-nous demander à une femme de dénoncer la violence

conjugale si, en le faisant, elle risque de perdre son droit de vivre en

sécurité?


Comment pouvons-nous affirmer protéger les enfants lorsque nous envisageons

de les renvoyer dans un environnement où leur développement et leur sécurité

sont menacés?


Les lois canadiennes prévoient des mécanismes permettant de tenir compte de

circonstances humanitaires exceptionnelles. Cette situation en est une. Malgré les

interventions répétées effectuées auprès de votre ministère afin de faire valoir la

vulnérabilité exceptionnelle de cette mère et de son enfant, incluant une rencontre

entre vous et le député de notre territoire, un refus catégorique fut la seule réponse

reçue.


Pourtant, cette mère ne réclame aucun privilège.


Elle souhaite continuer à subvenir aux besoins de son enfant, contribuer à la

société québécoise et offrir à sa fille la stabilité dont toute enfance a besoin.

Une demande simple et raisonnable. Une demande profondément humaine.

Le Canada s'est bâti sur des valeurs de compassion, de justice et de protection

des personnes les plus vulnérables. Ces valeurs prennent tout leur sens

lorsqu'elles sont mises à l'épreuve.


Aujourd'hui, cette épreuve porte le visage d'une mère qui a choisi le courage

plutôt que la violence. Le visage d'une enfant qui ne devrait jamais payer le

prix des gestes de son père.


Madame la Ministre, nous vous demandons de revoir cette décision.


Nous vous demandons d'utiliser les pouvoirs que la loi vous confère afin

d'autoriser cette mère et son enfant à demeurer au Canada et d'accorder à cette

femme une résidence permanente, sous des motifs humanitaires et de

compassion.


Parce qu'aucune femme ne devrait être punie pour avoir fui la violence.

Parce qu'aucun enfant ne devrait être contraint de quitter le seul milieu qu'il connaît

pour être exposé à des risques que nous avons le pouvoir d'éviter.

Et parce qu'au-delà des procédures administratives, il y a des vies humaines qui

dépendent de votre décision.


Aujourd'hui, il ne s'agit pas seulement du sort d'une mère et de son enfant.

Il s'agit du message que nous choisissons d'envoyer à toutes les femmes qui

trouvent le courage de quitter un conjoint violent.


Nous espérons que vous choisirez l'humanité.


Les Maisons d’aide et d’hébergements pour les femmes et les enfants

victimes de violence conjugale du territoire Mégantic-l’Érable


Source: Porte-parole du dossier

Marie Therrien

Agente aux communications

Cellulaire : 819-237-9366



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