Le sort d'une famille est entre vos mains madame la ministre
- André Lapierre

- il y a 2 heures
- 3 min de lecture

Des décisions simplement administratives entraînent des conséquences
profondément humaines et dévastatrices. Une femme et sa fille sont menacées
d'être expulsées du Canada pour avoir fui la violence conjugale.
Aujourd'hui, Madame la ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la

Citoyenneté du Canada, nous vous écrivons parce qu'elles sont à deux doigts
d'être renvoyées vers un avenir où leur sécurité, leur dignité et leur bien-être sont
sérieusement compromis.
Cette femme est arrivée au Québec en 2024 avec l'espoir de bâtir un avenir
meilleur. Un avenir pour sa fille, en sécurité. Mais rapidement, la violence
conjugale a pris le contrôle.
Elle a alors fait ce que nous recommandons à toutes les victimes de violence
conjugale : elle est partie. Elle a quitté son conjoint violent pour protéger sa vie et
celle de son enfant.
Et c'est précisément ce geste de courage qui la pénalise désormais.
Comme tant d'autres personnes immigrantes, elle s'était pourtant rapidement
intégrée à sa communauté. Elle a demandé un divorce, trouvé un emploi, entrepris
l'apprentissage du français et commencé à construire un avenir pour sa famille.
Mais en choisissant de quitter un conjoint violent, elle a également perdu son statut
migratoire. Aujourd'hui, plus de deux ans et demi après son arrivée au Québec,
elle ne peut plus travailler, non pas parce qu'elle refuse de contribuer à la société,
mais parce que les circonstances administratives qui découlent de la violence
qu'elle a subie l'en empêchent.
Elle est devenue prisonnière d'un système qui, paradoxalement, pénalise
une femme pour avoir choisi de fuir la violence.
Pendant ce temps, sa fille grandit ici, au Québec. Elle y a été élevée. Elle parle
français, fréquente notre milieu, partage nos repères et notre culture. Le Québec
est son foyer.
Pourtant, toutes deux risquent maintenant d'être expulsées vers un pays où une
femme divorcée fait face à une stigmatisation extrême, où les possibilités de
reconstruire sa vie sont pratiquement inexistantes et où nous avons de sérieuses
raisons de croire que le bien-être et la sécurité de l’enfant seraient gravement
compromis.
Comment pouvons-nous demander à une femme de dénoncer la violence
conjugale si, en le faisant, elle risque de perdre son droit de vivre en
sécurité?
Comment pouvons-nous affirmer protéger les enfants lorsque nous envisageons
de les renvoyer dans un environnement où leur développement et leur sécurité
sont menacés?
Les lois canadiennes prévoient des mécanismes permettant de tenir compte de
circonstances humanitaires exceptionnelles. Cette situation en est une. Malgré les
interventions répétées effectuées auprès de votre ministère afin de faire valoir la
vulnérabilité exceptionnelle de cette mère et de son enfant, incluant une rencontre
entre vous et le député de notre territoire, un refus catégorique fut la seule réponse
reçue.
Pourtant, cette mère ne réclame aucun privilège.
Elle souhaite continuer à subvenir aux besoins de son enfant, contribuer à la
société québécoise et offrir à sa fille la stabilité dont toute enfance a besoin.
Une demande simple et raisonnable. Une demande profondément humaine.
Le Canada s'est bâti sur des valeurs de compassion, de justice et de protection
des personnes les plus vulnérables. Ces valeurs prennent tout leur sens
lorsqu'elles sont mises à l'épreuve.
Aujourd'hui, cette épreuve porte le visage d'une mère qui a choisi le courage
plutôt que la violence. Le visage d'une enfant qui ne devrait jamais payer le
prix des gestes de son père.
Madame la Ministre, nous vous demandons de revoir cette décision.
Nous vous demandons d'utiliser les pouvoirs que la loi vous confère afin
d'autoriser cette mère et son enfant à demeurer au Canada et d'accorder à cette
femme une résidence permanente, sous des motifs humanitaires et de
compassion.
Parce qu'aucune femme ne devrait être punie pour avoir fui la violence.
Parce qu'aucun enfant ne devrait être contraint de quitter le seul milieu qu'il connaît
pour être exposé à des risques que nous avons le pouvoir d'éviter.
Et parce qu'au-delà des procédures administratives, il y a des vies humaines qui
dépendent de votre décision.
Aujourd'hui, il ne s'agit pas seulement du sort d'une mère et de son enfant.
Il s'agit du message que nous choisissons d'envoyer à toutes les femmes qui
trouvent le courage de quitter un conjoint violent.
Nous espérons que vous choisirez l'humanité.
Les Maisons d’aide et d’hébergements pour les femmes et les enfants
victimes de violence conjugale du territoire Mégantic-l’Érable
Source: Porte-parole du dossier
Marie Therrien
Agente aux communications
Cellulaire : 819-237-9366








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